Le pouvoir insoupçonné du mot “oui”

par Agathe Tupula Kabola

Publié le 30 mars 2016



Shonda Rhimes, la femme derrière le succès de Grey’s Anatomy, s'est donné le défi audacieux de dire "oui" à tout ce qui l'effrayait et l'amenait à sortir de sa zone de confort, et ce, pendant une année entière. Voulait-elle faire de la télé en direct? Non, mais oui. Voulait-elle parler en public? Non, mais oui. Voulait-elle essayer de jouer? Non, non, non, mais oui, oui, oui.

Comme elle l’explique si bien dans sa conférence TED, une chose complètement folle s'est produite: Le simple fait de répondre “oui” lui permettait de se défaire de sa peur et transformait une activité potentiellement stressante en activité plaisante.

"It's amazing the power of one word. "Yes" changed my life. “Yes” changed me.”

“For me, my work is at all times building a nation out of thin air, it is manning the troops, it is painting a canvas, it is hitting every high note, it is running a marathon, it is being Beyoncé. And it is all of those things at the same time. The more successful I become, the more work there is to do, the more eyes on me, the more expectations there are.”

Oh que je me reconnais dans ses propos! Comme Shonda Rhimes, j’ai décidé de dire “oui” à ce qui m’effrayait, et ce, le plus souvent possible. Par exemple, le monde de la télévision était tout nouveau pour moi il y a un peu plus d’un an. Tout a commencé par une participation ponctuelle à l’émission Libre-Service dans le cadre d’une semaine thématique sur les troubles du langage. Puis, ils m’ont réinvitée à quelques reprises, pour ensuite découler sur une chronique régulière. Tout comme j’apprivoisais progressivement le monde des plateaux de télévision, d’autres opportunités se sont offertes à moi, à V télé, à Radio-Canada et à TVA. Si on m’avait dit il y a un an que je finirais par accorder une entrevue en direct devant un demi million de téléspectateurs à l’émission Salut Bonjour, je ne l’aurais pas cru. Mais j’ai fini par attirer cette opportunité par mes actions et mes pensées.

À force de répondre “oui” à toutes sortes d’invitations, j’ai fait deux principaux constats: J’ai pris goût à faire quelque chose qui me rendait d’abord inconfortable. Je suis de plus en plus à l’aise de m’exprimer devant la caméra; En ayant du plaisir à me lancer dans un monde qui, intialement, m’effrayait, de plus en plus d’opportunités dans les médias se présentent à moi. C’est comme une roue qui tourne, et maintenant, les challenges viennent à moi, parfois sans que je les vois venir.

Exactement la même chose s’est produite pour apprivoiser l’art de parler en public. De nature introvertie, je n’étais initialement pas emballée à l’idée de m’exprimer devant un grand public. J’ai commencé par des conférences dans des centres communautaires ou autres organismes sans but lucratif. Puis, j’ai été invitée en tant que conférencière à la journée-rencontre de l’Association des Bègues du Canada en octobre 2015, après qu’un membre du conseil d’administration eut vu une de mes chroniques télé. Et voilà que dans une semaine, je donnerai deux conférences sur le développement du langage chez l’enfant au Salon maternité paternité enfants, le plus grand salon de la famille au pays!

J’ai pris l’habitude de carburer aux défis et d’être à l’affût des opportunités qui m’amènent à sortir de ma zone de confort, tout en informant le grand public sur ce qui me tient à coeur, en sensibilisant les parents et les intervenants, et en essayant de faire une différence, à ma façon, pour tous les gens aux prises avec un trouble de la communication et leurs proches.

En plus de dire “oui”, je vais régulièrement chercher des outils qui m’aident à apprivoiser ma peur. En lien avec les exemples cités plus haut, j’ai visionné des conférences TED comme celle-ci d’Amy Cuddy, qui m’a profondément inspirée. J’ai également suivi une formation d’exploration humoristique sur 10 semaines à l’École Nationale de l’humour. Aucun rapport me direz-vous? En fait, il y a bel et bien un lien, car j’ai appris à être davantage à l’aise et authentique devant un public, à démontrer une aisance non verbale, à augmenter ma capacité d’auto-dérision, à me présenter de façon humoristique (ce qui m’a entre autres permis de peaufiner mon pitch de présentation dans les événements réseautage), en plus de parsemer mes présentations d’humour.

Et vous, quand sera la prochaine fois que vous direz “oui” à quelque chose qui vous effraie?