Les 10 commandements de l’entrepreneur

par Agathe Tupula Kabola

Publié le 15 janvier 2016



Contrairement à bon nombre d’entrepreneurs, mon goût pour l’entrepreneuriat n’a pas commencé dès ma tendre enfance. Du moins, de ce que je me souvienne. J’ai toutefois tendance à faire les choses de façon non conventionnelle et à me lancer dans une panoplie de projets en même temps. C’est ainsi que je me suis inscrite au cours de Création d’entreprise à HEC Montréal à l’automne 2013, soit un an après avoir créé mon entreprise, la Clinique multithérapie Proaction, et ce, afin de prendre du recul face à mon projet suite à une année mouvementée. Orthophoniste n’ayant à la base aucune formation en gestion, j’ai pris le cours pour me permettre de peaufiner mon projet actuel, mais aussi dans l’esprit de faire les choses autrement lorsque je mettrai en branle un second projet d’entreprise. Mes attentes étaient d’avoir du contenu pratico-pratique, pragmatique et nullement axé sur la théorie, car c’est ainsi que j’apprends et que je retiens ce que l’on tente de m’enseigner. Enfin, un cours non conventionnel dans mon parcours scolaire! Non seulement parce qu’il n’y a pas d’intra, d’étude, d’examen final et de travail d’équipe avec 5 coéquipiers n’ayant pas les mêmes disponibilités pour se rencontrer à l’extérieur du cours, mais parce que je retire de ce cours de nombreux apprentissages.

1. Curieux tu seras…

Pour être créatif et innover, il est essentiel d’exercer sa sensibilité à l’inconnu. L’entrepreneur doit aiguiser sa curiosité pour voir les choses sous un autre angle. Je tente donc de plus en plus de laisser place à ma curiosité d’enfant et d’éveiller tous mes sens, car plus on est curieux et créatif, plus on a d’idées originales pour se différencier des concurrents et on est davantage en mesure de proposer des solutions innovantes et adaptées aux besoins de nos clients. Bref, think outside the box.

2. À un besoin tu répondras…


J’ai réalisé qu’on peut créer la demande pour un produit ou un service, mais on ne peut créer un besoin inexistant. Un entrepreneur se doit d’identifier un besoin et de vouloir y répondre avant de se lancer. Une fois que le besoin a été trouvé, la recherche d’une solution est relativement facile, à condition de faire appel à sa créativité, sa curiosité et de partager ses idées autour de soi afin de les faire évoluer! Je retiens aussi qu’il ne faut pas faire l’erreur de tomber amoureux de sa 1re idée et de s’y attacher, sans quoi la poursuite de l’exploration est grandement compromise.

3. Plan d’affaires et étude de marché tu délaisseras…

On peut tester l’intérêt pour un produit ou un service en une fin de semaine, nul besoin de réaliser une étude de marché approfondie. Il est essentiel de tester nos hypothèses, car le meilleur plan d’affaires sur papier peut ne pas fonctionner dans la réalité. Il faut plutôt créer son marché. Le Business Model s’avère une approche intéressante pour synthétiser de l’information pertinente en regard d’une entreprise et de l’environnement dans lequel elle évolue.

4. À l’action tu passeras et incertitudes tu apprivoiseras…

Imperfect action is better than perfect inaction. Voilà une leçon que je m’efforce d’appliquer. Ayant le profil d’entrepreneur expert, je suis une personne perfectionniste, méthodique et qui veut faire les choses le plus parfaitement possible. J’ai tendance à chercher les certitudes avant de me lancer ou de démarrer quelque chose. Pour reprendre l’analogie expliquée dans le cours, je ne suis pas un pissenlit qui pousse dans n’importe quelle condition, et je ne suis pas non plus une orchidée qui nécessite des conditions optimales pour fleurir. Je dirais que je suis un baobab: je mets du temps à pousser, mais quand je pousse, c’est pour durer. J’ai été rassurée de savoir que l’entrepreneuriat, c’est pour tout le monde, et qu’il n’y a pas qu’un seul profil entrepreneurial. Je veux être celle qui met les idées en oeuvre et les concrétise, pas seulement celle qui les génère. Mes projets futurs: donner des formations et des conférences, écrire un livre dans mon domaine, être chroniqueuse régulière dans les médias, concevoir des jeux éducatifs et enseigner à l’université.

5. Pour le financement, à la banque en dernier tu iras...

J’ai été heureuse d’apprendre l’existence du sociofinancement ou crowdfunding. De nos jours, démarrer une entreprise n’est plus une question d’argent. Dans mon cas, toutes mes demandes de financement à la banque ont échoué, car c’est elle que j’ai été voir en premier. Je ne répèterai pas cette erreur deux fois, et j’explorerai dorénavant toutes les autres avenues.

6. Petit tu commenceras...

Quand on démarre une entreprise, il est préférable de commencer de façon modeste en réduisant autant que possible les coûts fixes. Voilà une règle logique qui fait du sens...mais que je n’ai pas appliqué au moment de démarrer ma clinique. J’ai signé un bail commercial de 5 ans pour un local de 2700 pi2 comprenant 7 bureaux, alors que le recrutement des professionnels qui allaient composer l’équipe était à peine amorcé. Heureusement, les locaux se sont remplis, mais quel stress j’ai dû gérer!

7. Le pourquoi tu expliqueras…

La conférence TED de Simon Sinek, How great leaders inspire action, a été pour moi une révélation, au point de changer la formulation du contenu dans mes campagnes marketing. L’approche qu’il prône se résume en une phrase: “People don’t buy what you do, they buy why you do it.”. Plutôt que de dire aux gens d’acheter ce que tu vends, il est suggéré de débuter le message par le pourquoi. Quelles sont les valeurs qui animent mon entreprise et pourquoi je fais ce que je fais? Dans un 2e temps, j’explique comment je fais ce que je fais. Et seulement dans un 3e temps, je mentionne ce que je fais.

8. De ta zone de confort tu sortiras…

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Mes plus grands apprentissages et mes plus belles expériences se sont toutes réalisées lorsque je suis sortie de ma zone de confort, autant aux plans personnel que professionnel. Malgré tout, c’est toujours une bonne chose de se le faire rappeler, car il n’est pas toujours facile de sortir de cette fameuse zone. Je dois provoquer ma chance, car elle ne viendra pas cogner à ma porte, et comme le dit le célèbre proverbe, “Qui risque rien n’a rien”. Depuis le démarrage de mon entreprise, et même lors des différentes étapes qui ont précédé le démarrage, je considère être parvenue à sortir de ma zone à plusieurs reprises, que ce soit au moment de rencontrer des concurrents, multiplier les occasions de visibilité, etc. Bien que mes démarches n’aient pas toutes abouti à quelque chose de concret, plusieurs ont porté fruit. Par exemple, je suis maintenant chroniqueuse invitée dans les médias (magazines, journaux, télé). J’ai la ferme intention de continuer dans cette voie. Plus récemment, je suis sortie de ma zone de confort en suivant une formation d’exploration humoristique à l’École Nationale de l’Humour! J'ai pu exploiter mon potentiel créatif et humoristique avec une belle gang, dans une ambiance décontractée où les fous rires étaient toujours au rendez-vous! Si vous cherchez un lieu de création libre et d’expérimentation pour découvrir votre efficacité comique, ce programme est pour vous!

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9. Tes seuils de tolérance au risque tu évalueras

J’ai pleinement réalisé qu’on ne peut calculer le risque en entrepreneuriat, mais on sait jusqu’où on accepte de perdre. J’ai d’ailleurs eu l’opportunité de réfléchir à mes seuils de tolérance au risque, et j’ai pris conscience que je ne suis pas tant sensible aux pertes monétaires et temporelles, mais beaucoup plus à celles qui concernent ma famille, ma santé et mon égo. Je dois avouer que je suis une personne très fière. Avec l’amour et l’éducation que j’ai reçus, les valeurs qu’on m’a transmises, et les deux plus beaux cadeaux que mes parents m’ont donnés, des racines et des ailes, je sens que j’ai le devoir d’honorer ma famille. Et pour ce faire, je dois réussir ce que j’entreprends.

10. Au suivant tu négocieras…

Il est important de développer son sens de la négociation en affaires et de savoir transiger avec ses fournisseurs et son personnel. Malgré mon expérience et ma formation, je considère que j’en ai encore beaucoup à apprendre en la matière. La négociation est un aspect auquel on est confrontés presque au quotidien. Je conserve dans mon coffre à outils plusieurs éléments qui me serviront lors de mes futures négociations, tant au plan professionnel que personnel. Je retiens qu’il est important de se défaire de ses idées préconçues, de prendre le temps de se préparer avant la négociation et d’analyser a posteriori, de connaître son style de négociateur, de s’ajuster au style de son interlocuteur et de tenir compte des particularités culturelles. J’ai appris également à me centrer sur une approche de résolution de problème qui crée de la valeur pour les différentes parties et à chercher à comprendre les enjeux de la négociation pour avoir une vision globale, avant même d’entamer la recherche de solutions.