Ce que j’ai appris en vendant mon école de développement personnel

par Agathe Tupula Kabola

Publié le 27 janvier 2019



2018 a été pour moi une année des plus marquantes et riche en accomplissements et en apprentissages, tant au volet personnel que professionnel. Dans cet article publié sur mon blogue, je vous parle des périodes de semence et des périodes de récolte que la vie nous offre en alternance. En ce qui me concerne, 2018 m’a permis de vivre un heureux mélange des deux!

Le 18-8-18, j’ai épousé l’Homme de ma vie. Un événement inoubliable lors duquel nous nous sommes dit OUI et avons prononcé nos voeux, entourés de nos proches, dont plusieurs ont fait le voyage de l’étranger, en provenance des continents nord-américain, africain et européen. Je suis reconnaissante pour la relation amoureuse saine, solide et harmonieuse qui m’unit à mon époux, qui nourrit notre existence et alimente notre vie de beaux projets, en lien avec une vision et des valeurs communes. Le projet qui nous est le plus cher pour le moment: planifier la venue de notre premier enfant au printemps!

En parallèle, au plan professionnel, j’ai débuté l’année avec un objectif d’envergure, et auquel je réfléchissais depuis le printemps 2017: celui de vendre mon “bébé”, la Clinique multithérapie Proaction, pour qu’elle poursuive sa lancée et puisse croître. Je sais, à l’exception de mon entourage immédiat, plusieurs d’entre vous serez surpris d’apprendre cette nouvelle. La plupart de mes proches aussi l’ont été quand je leur ai parlé de mon intention de vendre ma clinique, une décision qui découlait de mûres réflexions et qui n’avait pas été prise à la légère!

Je n’irai pas dans les détails ici sur tout le cheminement que j’ai traversé pour en arriver à cette décision. J’en parle déjà en détails dans mon chapitre “Savoir tirer son épingle du jeu” du collectif littéraire “Ma résilience en affaires”, publié en septembre 2018 par Un chapitre à la fois. Quand Dany Lizotte m’a interpellée pour embarquer dans ce projet, j’ai accepté sans hésiter, malgré mon agenda déjà surchargé. J’y voyais une opportunité libératrice, voire thérapeutique, de mettre des mots sur une période difficile de ma vie que je venais de traverser. Je crois que c’était la première fois que j’écrivais pour moi avant d’écrire pour les autres.

J’ai écrit mon chapitre en l’espace de quelques heures: tout est sorti d’un jet! Si vous n’avez pas encore lu le livre, vous pouvez vous le procurer ici (c’est une publication indépendante, donc non disponible en magasin ou dans les bibliothèques). Quatorze entrepreneurs québécois racontent leur expérience d'apprentissage face à la résilience en affaires. Chacune des quatorze histoires est unique mais elles ont toutes un point en commun : cette magnifique capacité à voir au-delà des enjeux, à mettre les événements en perspective et surtout, à rebondir! Des histoires nuancées d’anecdotes personnelles menant à de grandes réalisations professionnelles. Chacune d'entre elles saura nourrir votre âme d'entrepreneur. Pour ma part, lire ce livre (et écrire mon chapitre) m’a autant fait sourire que verser des larmes.

Donc, en poursuivant votre lecture, vous connaîtrez la conclusion de mon chapitre, et non “le pourquoi du comment” j’ai décidé de ventre Proaction, qui représente à mes yeux mon école de développement personnel. Car en 6 ans, j’ai énormément appris sur moi-même, sur mes forces et mes faiblesses, sur les autres et sur la vie de manière générale, plus que je n’aurais pu le faire autrement. C’est Proaction qui m’a apporté mon rayonnement professionnel, le développement de mon réseau et ma percée dans les médias. Sans Proaction, je n’aurais pas eu l’inspiration de devenir auteure, ni même d’enseigner à l’Université (car c’est le fait d’aimer ce que l’on fait qui nourrit notre créativité). C’est mon entreprise qui m’a fait gagner en leadership, qui m’a permis de dépasser mes limites, qui m’a permis de décrocher plusieurs prix et reconnaissances à titre d’entrepreneure et de réaliser mon premier voyage d’affaires à l’international, la Conférence des femmes de la Francophonie à Bucarest, en Roumanie!

Sans Proaction, je ne serais pas retournée aux études réaliser un DESS en gestion à HEC Montréal, qui m’a permis de connaître des femmes d’exception qui sont toujours dans ma vie, dont une que j’ai choisie comme fille d’honneur à mon mariage! C’est Proaction qui m’a amenée à développer d’excellentes capacités d’organisation: je n’avais pas le choix avec tout ce que gérer une entreprise impliquait. Proaction m’a aussi fait vivre des échecs considérables, sans lesquels je n’aurais pu réussir ce que j’ai réussi. C’est grâce à elle que j’ai appris à garder mon sang froid et à relativiser dans toutes sortes de circonstances. Bref, Proaction m’a fait sortir de ma zone de confort comme aucun autre projet auparavant.

Mais voilà, j’en étais à rendue à une étape où mon projet d’avoir une vie qui me ressemble vraiment comprenait pourtant le passage obligé de vendre mon entreprise et d’effectuer les tâches nécessaires pour la maintenir en santé, même si mon coeur n’y était plus depuis un certain temps. Dès janvier 2019, je me suis offert l’accompagnement d’une coach certifiée, Marie-Pierre Caouette, pour m’aider à atteindre mon objectif. C’est de loin une des meilleures décisions que j’ai prises. Marie-Pierre, par son coaching, m’a fait réaliser plusieurs apprentissages, qui m’ont été utiles non seulement pour vendre mon entreprise, mais qui me serviront certainement toute ma vie durant. Vendre Clinique Proaction a été une grande source de stress en 2018 et m’a demandé courage et persévérance. Qu’est-ce que j’ai appris et retiré de cette expérience pour honorer ma vie actuelle et nourrir ma vie future? En vendant mon entreprise:

  • Je me suis écoutée et j’ai suivi mon instinct plutôt que d’agir en fonction de ce les autres voulaient ou me conseillaient pour moi-même.
  • J’ai réalisé le changement de cap que je souhaitais dans l’échéance que je m’étais fixée. J’ai pleinement pris conscience que j’ai le pouvoir de me fixer des objectifs et de faire ce qu’il faut pour les atteindre.
  • J’ai compris qu’en abordant mes tâches de gestion comme des obstacles à ma vie de rêve contre lesquels je devais me battre, je dépensais beaucoup d’énergie en émotions négatives sur quelque chose que j’avais moi-même créé. Toutefois, en les voyant comme un passage obligé vers une plus grande liberté et en prime, une occasion de développement, d’apprentissage et d’acquisition d’expérience et de compétences nouvelles, c’est fou tout ce que ce nouvel angle m’a ouvert comme possibilités!
  • J’ai appris à laisser aller les choses une fois que je fais ce que j’ai à faire: développer ma patience, être dans l’action plutôt que dans l’attente, mettre mon énergie et mon focus ailleurs. À partir du moment où je fais ce que j’ai à faire, je peux changer ma façon de voir la portion sur laquelle je n’ai pas le contrôle. Car après tout, qu’est-ce qui est en mon pouvoir? Ma perception, la gestion de mon temps, la place ou l’importance que j’accorde à tout cela dans ma vie, mon langage intérieur, la gestion de mon énergie et des fuites à colmater (tout ce qui nous tire de l’énergie inutilement).
  • J’ai appris que le plan C pouvait devenir le plan A, et à rester ouverte à tous les revirements de situation possibles.
  • J’ai appris à observer mon langage intérieur. Plutôt que de me dire “Il faut que…” (ex: Il faut que je fasse telle tâche de gestion), je change la formulation pour “Je décide que je vais faire telle chose aujourd’hui” ou encore “Je choisis de…” Si c’est important pour moi, c’est que je le décide. Le poids des mots a un impact important sur le niveau de pression qu’on a.
  • Quand une émotion monte (ex: déception, impatience, stress), c’est qu’un besoin n’est pas comblé. En effet, les émotions sont des messagers. J’ai appris à écouter les sentiments qui montent quand mon espoir vacille. Si mon doute ou ma peur prenaient la parole, quel message me diraient-ils? Et qu’est-ce que je peux faire pour apaiser cela? Concrètement, j’ai compris qu’il est préférable d’accueillir ses émotions au lieu de lutter pour ne pas les montrer.
  • L’antidote à l’anxiété (se projeter dans l’avenir) est d’être dans le moment présent.

Le coaching de Marie-Pierre m’a également amenée à introduire ou réintroduire des habitudes de vie gagnantes. Voici 5 gestes qui m’ont permis de réussir et qui ont fait la différence en me maintenant en énergie toute l’année:

  • J’ai réintroduit dans mes habitudes la complétion d’un journal de gratitude au quotidien. À chaque jour, je note par écrit au moins 5 reconnaissances, ce qui me permet de garder un état d’esprit positif, même lors des journées plus difficiles.
  • J’ai activé mon réseau en demandant leur aide. Il y a un dicton en anglais qui dit: “The most powerful 3 letter word is ASK”. Tellement vrai.
  • J’ai pratiqué la méditation et la visualisation sur une base pratiquement quotidienne.
  • J’ai appris à travailler par intervalles en faisant des pauses (ex: ne pas travailler tout l’avant-midi et me dire que j’ai 4h devant moi pour avancer). Même quand la “to do list” est longue, j’intègre davantage de moments plaisants et qui me donnent de l’énergie à ma journée: lire un livre, marcher en écoutant de la musique, faire une nouvelle activité ou découvrir un nouvel endroit, passer du temps avec mes proches, danser, faire du sport...
  • J’ai pris l’habitude de morceler un objectif de taille en étapes et de prévoir de petites célébrations à chaque étape (et une grosse célébration à la fin!). Comment vais-je me récompenser à chaque étape? Oui oui, nous avons tous un enfant intérieur!

En plus de Marie-Pierre, d’autres femmes inspirantes m’ont grandement aidée à cheminer vers l’atteinte de mon objectif de vendre mon entreprise: Diane, Pelra, Kadiatou. Je ne saurais vous témoigner de toute ma reconnaissance pour votre écoute bienveillante, votre accompagnement à travers toutes les étapes et vos judicieux conseils!

Depuis le 1er janvier 2019, c’est donc avec fierté et enthousiasme que j’ai officiellement passé le flambeau à des entrepreneurs qui partagent des valeurs et une vision similaires aux miennes, et en qui j’ai vu un leadership rassembleur et mobilisateur. Je continue d’y suivre des patients à temps partiel, et j’ai davantage de temps à consacrer à mes autres projets de vie.

Il reste que malgré la charge mentale qu’elle m’apportait dans les derniers milles, la gestion de ma clinique ne m’a pas empêché de réaliser tous mes autres objectifs personnels et professionnels en 2018: vivre des moments de qualité avec mon amoureux, ma famille et mes amis, planifier mon mariage, lire plus d’une quinzaine de livres, réaliser quelques escapades hors de la ville, poursuivre mes activités d’enseignement universitaire, écrire un 2e livre avec les Éditions du CHU Sainte-Justine et préfacé par Dramatik, rédiger un chapitre pour un collectif littéraire, faire rayonner mes écrits et donner mes premières conférences à l’international en participant au Salon du livre de Genève en avril 2018 grâce au soutien de LOJIQ, animer des conférences pour divers salons, colloques ou festival, donner mes premières formations par webinaire à des professionnels de partout au Canada, collaborer régulièrement à des émissions pour la télé (Format Familial, Télé-Québec) et la radio (Les Éclaireurs, ICI Radio-Canada Première) et participer à des capsules vidéo d’Alloprof Parents et de la CLEF. Et surtout, le plus important, la clinique ne m’a pas empêché de demeurer en bonne santé physique et mentale pour réaliser ce qui est important pour moi.

Souvent, on me demande: “Agathe, comment tu fais pour faire tout ce que tu fais?” Honnêtement, je ne saurais dire exactement. Sûrement un curieux mélange de ma passion pour tout ce que je fais et de ma discipline. Mais en toute transparence, je n’aurais pu tenir le rythme encore longtemps en gardant tous mes chapeaux professionnels. Et je reste profondément convaincue que j’ai retiré le chapeau qui était devenu de trop de manière à avoir le rythme du marathonien plutôt que du sprinter.

Au final, je commence 2019 avec une vie qui me ressemble davantage. L’époque où je courais tout le temps et où je roulais à gauche sur l’autoroute de la vie est derrière moi. Je vais rouler à droite pour les prochaines années. Dorénavant, je choisis de prendre mon temps et de le gérer de façon à donner priorité à mes priorités!